Depuis les débuts de la photographie, il a toujours existé des limites techniques qui restreignaient la manière et les situations dans lesquelles le flash pouvait être utilisé pour enrichir une image. Ces dernières années, une série d’innovations autour de différentes technologies de flash a ouvert des possibilités jusque-là inédites.
Ces techniques avancées de flash sont souvent mal comprises. L’objectif de cet article est de clarifier et de définir les différentes technologies de flash qui permettent de photographier à des vitesses d’obturation supérieures à la vitesse de synchronisation standard des appareils photo reflex et hybrides.
Tous les flashes, quelle que soit leur taille ou leur forme, fonctionnent en stockant une charge électrique puis en la libérant sous forme de lumière via un tube flash.
Lorsque le flash se déclenche, la charge électrique est envoyée dans le tube flash et enflamme un gaz. Le gaz est ionisé et libère ainsi un éclair de lumière. Les flashes que nous utilisons aujourd’hui ne sont donc qu’une version moderne des anciens procédés où les photographes enflammaient de la poudre flash pour créer de la lumière.
En réalité, nous enflammons toujours une substance chimique. La différence, c’est qu’aujourd’hui nous pouvons contrôler électroniquement la quantité de lumière émise avec une très grande précision.
L’obturateur plan focal intégré à la plupart des reflex modernes est composé de deux éléments distincts : le premier rideau et le second rideau.
Lorsque vous appuyez sur le déclencheur, le premier rideau s’ouvre, puis le second se referme selon la vitesse d’obturation sélectionnée.
L’intervalle entre le premier et le second rideau correspond à la vitesse d’obturation.
Avec des vitesses d’obturation longues, comme une seconde par exemple, le premier rideau s’ouvre et le second se referme après l’écoulement de cette seconde. Dans ce cas, l’ensemble du capteur est exposé à la lumière entre l’ouverture du premier rideau et la fermeture du second.
Avec des vitesses d’obturation plus courtes, comme 1/1000 s, le premier rideau commence à s’ouvrir et le second suit peu après, avant même que le premier n’ait parcouru tout le capteur.
Il en résulte une fine fente de lumière qui se déplace sur le capteur, créant ainsi une vitesse d’obturation très rapide.
La vitesse maximale de synchronisation du flash d’un appareil est la vitesse d’obturation la plus rapide à laquelle l’ensemble du capteur est totalement exposé à l’éclair de lumière. Pour certains reflex, cette vitesse est de 1/200 s, tandis que d’autres montent jusqu’à 1/320 s.
Par exemple, avec un Nikon D810, la vitesse maximale de synchronisation du flash avec des flashs de studio est de 1/250 s. C’est la vitesse d’obturation la plus rapide à laquelle l’ensemble du capteur est exposé en une seule fois. Au-delà de 1/250 s, l’ensemble du capteur n’est jamais totalement exposé, c’est pourquoi une bande noire apparaît en bas de l’image si vous photographiez au-dessus de la synchronisation flash standard. Cette bande noire correspond à l’ombre du second rideau qui se ferme.
Certains appareils moyen format utilisent des obturateurs centraux intégrés à l’objectif, qui fonctionnent différemment des obturateurs plan focal des reflex. Ces obturateurs permettent des vitesses de synchronisation plus élevées, parfois jusqu’à 1/1600 s, sans vignettage ni coupure.
Ce portrait d’un pêcheur à la mouche a été réalisé avec un appareil moyen format numérique Hasselblad H5D équipé d’un obturateur central, capable de se synchroniser avec le flash à toutes les vitesses d’obturation.
Les appareils moyen format ont longtemps été l’option privilégiée lorsqu’il fallait synchroniser le flash à haute vitesse, car leur mécanisme d’obturation est totalement différent.
Pour les photographes, en particulier ceux qui travaillent en extérieur, la vitesse de synchronisation du flash de 1/250 s représente une limitation majeure.
Lorsque vous photographiez avec des flashs, l’ouverture contrôle la luminosité de votre sujet, tandis que la vitesse d’obturation contrôle la luminosité de l’arrière-plan.
Ainsi, si votre sujet est surexposé, vous fermez le diaphragme. Si l’arrière-plan est trop lumineux, vous pouvez choisir une vitesse d’obturation plus rapide pour l’assombrir, ou plus lente pour l’éclaircir.
Lorsque vous travaillez en extérieur, en plein jour, être limité à 1/200 s ou 1/250 s signifie qu’il faut une puissance de flash importante pour dominer la lumière du jour.
En accédant à des vitesses d’obturation plus élevées, nous pouvons dominer la lumière du jour avec moins de puissance de flash — ou à une plus grande distance — et nous bénéficions également de
• Utiliser une vitesse d’obturation élevée pour figer le mouvement.
• Dominer le soleil avec moins de puissance de flash et un équipement plus léger.
• Utiliser le flash avec une grande ouverture afin de créer une faible profondeur de champ.
• Assombrir les arrière-plans grâce à une vitesse d’obturation élevée.
Travailler avec les technologies de flash HS et HSS ouvre de nouvelles possibilités créatives et permet un contrôle total de l’image finale lors de l’utilisation du flash.
À l’heure actuelle, les deux technologies dominantes sur le marché pour travailler avec le flash au-delà de la vitesse de synchronisation normale sont le High Speed Sync (HSS) et le Hi-Sync (HS).
Examinons chacune d’elles plus en détail et voyons comment elles fonctionnent.
Le High Speed Sync est une technologie inventée pour les flashes cobra, aujourd’hui utilisée par plusieurs fabricants et intégrée au dernier ELB 500 TTL.
Le HSS fonctionne en faisant pulser le flash en continu à des vitesses extrêmement élevées, créant un effet stroboscopique qui éclaire la fente de l’obturateur lorsqu’elle se déplace sur le capteur. Comme il doit produire un très grand nombre d’impulsions lumineuses, créant pratiquement une source de lumière continue pendant un très court instant, la puissance lumineuse réelle du flash est relativement faible et peut varier fortement selon la vitesse d’obturation.
L’avantage du HSS est qu’il produit un éclairage très homogène sur l’ensemble de l’image.
Son inconvénient est que, comme le flash émet de très nombreuses impulsions lumineuses sur un laps de temps très court, il doit être placé assez près du sujet. La puissance lumineuse diminue également à mesure que la vitesse d’obturation augmente.
Malgré cela, comme la technologie HSS est généralement associée au TTL, elle fonctionne très efficacement et reste incroyablement simple à utiliser.
Pour les photographes de mariage, de mode ou de portrait, qui travaillent généralement avec le flash proche de leur sujet, le HSS est une excellente option. L’ELB 500 TTL est un excellent équilibre entre puissance et portabilité, avec les technologies HSS et TTL intégrées.
Ce portrait d’un kayakiste en eau vive a été réalisé avec un Elinchrom ELB 500 sur batterie en mode HSS avec le TTL activé.
L’intérêt du HSS, surtout avec le TTL, est de pouvoir obtenir rapidement une exposition précise à n’importe quelle vitesse d’obturation et ouverture, puis de passer en mode flash manuel pour ajuster la lumière selon vos besoins.
Le HSS compense automatiquement si vous modifiez votre vitesse d’obturation.
Le Hi-Sync est la version perfectionnée de l’HyperSync par Elinchrom, et il fonctionne d’une manière totalement différente du HSS. Pour obtenir les meilleurs résultats, le tube flash des têtes HS a été optimisé et le timing a été réglé avec précision dans le Transmitter Pro pour les unités de flash Elinchrom, afin d’assurer un fonctionnement parfaitement fiable.
En bref, le Hi-Sync (HS) a été perfectionné à un niveau qui résout de nombreux problèmes rencontrés avec d’autres technologies. Grâce à cela, le HS fonctionne à tous les niveaux de puissance sur l’ELB 400 et l’ELB 1200 lorsqu’il est utilisé avec les têtes HS correspondantes.
Techniquement, le Hi-Sync déclenche le flash avant que l’obturateur de l’appareil ne s’ouvre et utilise un mode flash normal. Le HS fonctionne mieux avec des durées d’éclair plus longues afin que l’émetteur puisse synchroniser correctement le timing.
Lorsqu’il est utilisé avec des unités de flash à durée d’éclair plus courte, il devient beaucoup plus difficile, voire impossible, de contrôler où et comment la portion de lumière est prélevée sur la courbe du flash. Pour obtenir les meilleurs résultats avec le HS, il est donc fortement recommandé d’utiliser la tête flash HS avec votre unité ELB.
Avec le Transmitter Pro et les têtes flash ELB 400 HS, qui offrent une durée d’éclair de 1/550 s à pleine puissance, la gradation visible dans les images reste très faible, même jusqu’à 1/8000 s.
Avec l’ELB 1200, la gradation est plus visible. Quoi qu’il en soit, elle se corrige très facilement en post-production.
Parmi les avantages du Hi-Sync figurent la possibilité de synchroniser à des vitesses supérieures à la vitesse de synchronisation habituelle, de figer le mouvement et de dominer le soleil à des distances impressionnantes. Le Hi-Sync peut aussi être utilisé pour créer une faible profondeur de champ avec de grandes ouvertures. Une fois correctement réglé pour votre appareil, il est assez simple à utiliser, même s’il reste moins intuitif que le HSS avec TTL.
Le Hi-Sync est de loin la meilleure option pour ceux qui ont besoin du niveau de puissance lumineuse le plus élevé au flash lorsqu’ils photographient au-delà de la vitesse de synchronisation. Il offre également plus d’options que toute autre technologie de flash, car il met à disposition davantage de puissance lumineuse.
Comme l’ELB 400 et l’ELB 1200 proposent plusieurs têtes flash et que l’ELB 1200 dispose d’un Dock qui le transforme en flash de studio, ces deux unités sont incroyablement polyvalentes.
Pour ceux qui se lancent dans le HS avec l’un de ces kits, je recommande la tête HS et la tête Action pour bénéficier d’une polyvalence maximale.
Lorsque vous utilisez des vitesses d’obturation élevées, c’est-à-dire au-dessus de votre vitesse normale de synchronisation — de 1/400 s à 1/8000 s —, la tête HS est celle à privilégier. Lorsque vous travaillez à des vitesses égales ou inférieures à votre synchronisation flash normale — de 1/250 s à 30 secondes —, la tête Action devient l’option privilégiée grâce à sa durée d’éclair très courte.
Dans le premier cas, la vitesse d’obturation arrête tout mouvement ; dans le second, c’est la courte durée de l’éclair qui fige le mouvement du sujet.
Le Hi-Sync utilise beaucoup moins de puissance que le HSS, car la tête flash fonctionne en mode normal. Avec le Hi-Sync, il est aussi possible de réduire la puissance tout en continuant à utiliser une vitesse d’obturation rapide. Le Hi-Sync offre plus de polyvalence que toute autre option de flash sur le marché.